Produit·8 min de lecture·octobre 2026

Sortir son app en 7 langues : l’ASO au-delà de la traduction

Traduire la fiche d’une app ne suffit pas à la faire trouver. Ce que les stores lisent vraiment, pourquoi les mots-clés ne se traduisent pas, et ce que la Belgique a de particulier.

Une app bien traduite peut rester introuvable. La traduction rend la fiche compréhensible ; elle ne garantit pas que quelqu’un tombera dessus en cherchant. C’est le rôle de l’ASO, l’optimisation pour les stores d’applications, et c’est un travail différent dans chaque langue. Nous l’avons mené pour Tome, notre lecteur de BD, dont la fiche existe en français, anglais, espagnol, allemand, italien, portugais du Brésil et japonais. Voici ce que nous en avons retenu, vérifié dans la documentation d’Apple et de Google.

Ce que la recherche lit vraiment

Chez Apple, la pertinence d’une app pour une recherche repose sur son nom, son sous-titre, son champ de mots-clés et sa catégorie, puis sur le comportement des utilisateurs : téléchargements, notes, avis. La description n’apparaît pas dans cette liste, et Apple précise que le texte promotionnel n’influence pas le classement. Les places sont comptées : 30 caractères pour le nom, 30 pour le sous-titre, et 100 octets pour les mots-clés. Des octets, pas des caractères : une lettre accentuée en consomme deux, un caractère japonais trois. Une liste qui tient en français peut déborder en japonais.

Google Play fonctionne autrement : un titre de 30 caractères, une description courte de 80 et une description complète de 4 000, sans champ de mots-clés. Google demande d’écrire dans une langue de tous les jours plutôt qu’une liste de mots-clés, et proscrit les répétitions et les références sans rapport avec l’app.

Les mots-clés ne se traduisent pas

C’est la leçon principale. On ne cherche pas la même chose avec les mêmes mots d’un pays à l’autre. Un lecteur français ou belge cherche « BD », un Américain « comics », un Brésilien « HQ » ou « quadrinhos ». Traduire les mots-clés français mot à mot donne une liste correcte et inutile. Pour Tome, le nom brésilien est devenu « Tome – Quadrinhos e Mangá », parce que c’est ce qu’on tape là-bas.

Les connotations comptent aussi. En français, le mot « scan » attire des recherches liées au piratage de mangas : nous l’avons écarté, même s’il aurait apporté du volume. Une fiche se relit avec quelqu’un qui connaît la langue et le marché, pas seulement le dictionnaire. Pour les textes de l’app elle-même, une relecture par langue nous a fait corriger 80 traductions, dont trois contresens, comme un « libro de texto » qui, en espagnol, désigne un manuel scolaire.

Ne pas emprunter les marques des autres

Il est tentant de glisser dans ses mots-clés le nom d’une app concurrente ou d’un service compatible. Les deux stores l’interdisent. La règle 2.3.7 d’Apple demande de ne pas charger ses métadonnées de marques déposées, de noms d’apps populaires ou de termes sans rapport, et Apple se réserve le droit de modifier des mots-clés inappropriés. Google proscrit les mots-clés répétitifs, le nom d’une célébrité ou le logo d’une marque sans autorisation, et les mentions de classement comme « n° 1 » ou « app de l’année ». Pour Tome, nous avons retiré des mots-clés les noms des serveurs personnels compatibles, même si l’app sait les lire.

La Belgique, un cas à part

Sur l’App Store belge, la langue par défaut n’est ni le français ni le néerlandais, mais l’anglais britannique. Le néerlandais et le français y sont proposés en plus. La langue qu’une personne voit dépend de son store, des réglages de son téléphone et des langues que vous avez prévues. Une app belge qui n’existe qu’en français risque donc de montrer sa fiche par défaut à une partie de son public. Des spécialistes de l’ASO observent par ailleurs que les mots-clés des langues secondaires d’un store comptent aussi dans ses résultats de recherche ; Apple ne le confirme pas officiellement, mais c’est une raison de plus de remplir chaque langue avec soin.

Les captures parlent aussi

Les deux stores acceptent des captures d’écran propres à chaque langue, et Google recommande explicitement des captures séparées dès qu’elles contiennent du texte. Une fiche traduite avec des captures restées en français envoie un drôle de signal. Pour Tome, chaque capture existe dans les sept langues, avec l’interface de l’app réglée dans la langue de la fiche. Une fois en ligne, Apple permet de tester jusqu’à trois variantes de la page, langue par langue, et Google propose des expériences comparables.

Une fiche dans sept langues, c’est sept lancements : chacun a ses mots, ses captures et ses premiers avis.

Les notes repartent de zéro dans chaque pays

Dernier point, souvent oublié : chez Apple, la note affichée est propre à chaque pays. Une app très bien notée en France commence sans note au Brésil. Or les notes pèsent dans le classement. Apple permet de solliciter une note jusqu’à trois fois par période de 365 jours ; Google applique un quota qu’il ne communique pas, et demande de ne pas déclencher la demande depuis un bouton. Le bon moment se choisit : après une réussite, jamais au milieu d’une tâche.

Une app multilingue se prépare dans le code, comme nous l’expliquions dans notre article sur les applications multilingues, puis se défend sur les stores, langue par langue. C’est un travail que nous menons avec nos clients jusqu’à la publication, en ingénierie produit. Parlons de votre lancement : nous vous dirons quels marchés méritent une vraie fiche, et lesquels peuvent attendre.

À lire aussi
L
L'équipe Liminal
Studio de développement
Démarrer un projet →